Pédagogie classique

A l'école Saint Dominique Savio, nous estimons que la connaissance est d'abord, pour nos intelligences, une approche du réel par les sens.

C'est pourquoi, dans les premières années, est pratiquée la pédagogie Montessori, qui est un type d'enseignement sensoriel, qui part du concret pour amener progressivement l'esprit des plus petits à l'abstrait, selon la logique aristotélicienne. Le tout est guidé par un maître qui présente aux enfants les exercices à faire, les ateliers, avec un matériel approprié (voir la rubrique dédiée).

La connaissance, de manière générale, n'est en effet pas innée à l'intérieur du cerveau humain ; le maître n'a pas pour fonction de révéler un substrat de connaissances pré-existant en l'enfant qui alors « construirait son propre savoir ». L'enfant doit développer plutôt ses capacités d'analyse, et, sur ce qu'il a déjà acquis, doit fixer de nouvelles strates, de nouvelles catégories, ce qui progressivement affine et construit sa pensée.

Cette approche, sans se démentir, s'enrichit à partir du CE1 davantage avec une "pédagogie classique" : c'est-à-dire une « transmission des savoirs » accrue et continue, à commencer par les savoirs fondamentaux (« lire, écrire compter »), via la pratique d'exercices où l'enfant se perfectionne. Le par-coeur, sans exclusive, n'est pas exclu de notre école : il permet d'exercer la mémoire, d'affiner le goût dans l'apprentissage de beaux textes, de fixer des repères nécessaires pour aller toujours plus loin dans les apprentissages.

Mais le projet scolaire de l'école Saint Dominique Savio va plus loin car il vise la construction entière de l'enfant : l'enfant est une personne, selon l'approche d'Hélène Lubienska ("la construction de l'homme conscient»), et toutes ses dimensions doivent s'éveiller : l'intelligence, certes, mais aussi le rapport aux autres et au monde, la liberté, la spiritualité, le discernement, les capacités physiques. L'enfant doit, non pas immédiatement être l'objet de diverses agitations-sollicitations qui le dispersent, mais il est bénéfique pour lui, en tant que sujet, d'entrer aussi en lui-même dans la paix pour y découvrir sa richesse intérieure qui lui permettra de se construire, de s'épanouir, pour demain se donner aux autres, être capable d' apprendre par lui-même, aimer la vérité, savoir s'adapter au réel, construire une famille, exercer un emploi avec compétence....Cette "entrée en soi" si chère au philosophe Pascal est notamment permise pour les plus jeunes par la "pédagogie du silence" propre aux pédagogues Maria Montessori et Hélène Lubienska de Lenval. C'est en leur faisant de la place que l'on peut accueillir les connaissances.

Dans ce cadre, l'enseignant est là pour construire une personnalité épanouie dans la transmission des savoirs mais aussi dans celle d'un « savoir-être » et de « savoirs-faire », en prenant en compte, autant que possible, la situation de l'enfant qui lui est confié, en tenant compte de là où cet enfant en est. L'élève n'est pas tant un "apprenant" qu'une personne, un objet qu'un sujet.

Nul besoin, dans ce cadre, d'expérimentations pédagogiques hasardeuses tentées sur des enfants. Car la pédagogie classique, dans la lignée de grands pédagogues comme Jean-Baptiste de la Salle, pourvoit amplement à ce besoin de transmission, et elle a largement fait ses preuves : car les premières années sont essentielles dans la construction d'un enfant, qui structure alors ce qu'il deviendra plus tard à un moment où il a particulièrement soif de connaître, avec émerveillement. Si ces savoirs n'étaient pas donnés en temps et en heure, non seulement l'enfant en serait déficient, mais serait éteint en lui cet amour du savoir, et les échecs ultérieurs liées à des assises atrophiées pourraient lui faire perdre confiance en lui : confiance dont l'enfant a avant tout besoin pour grandir et s'accomplir. Dans ce cadre, l'école se veut la continuatrice de l'éducation dispensée à leurs enfants par les parents, qui veulent le meilleur pour la génération qui vient.